Crédit immobilier: les délais d’attente risquent de s’allonger

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Si vous envisagez de déposer une demande de crédit immobilier, vous devrez être patients. Les agences bancaires manquent de personnel du fait du coronavirus .

«Chacun des maillons de la chaîne immobilière pourra être impacté par les difficultés ambiantes, occasionnant des retards. Nous mettrons tout en œuvre pour maintenir un niveau de service et un délai de traitement raisonnable. Toutefois, évitez de prendre des engagements de délais trop courts et sachez graduer les urgences». C’est le type de message que les courtiers en crédit immobilier commencent à recevoir de la part des banques.

Dit autrement, attendez vous à devoir patienter plus que prévu pour savoir si votre dossier a été acceptée ou pas. Conséquence: les délais de traitement, qui sont déjà plus élevés que d’ordinaire en raison d’une forte demande, risquent de s’allonger de plusieurs semaines. Idem pour les renégociations de prêt considérées comme moins prioritaires que les nouveaux dossiers.
Une mauvaise nouvelle pour les ménages qui souhaitent boucler leur acquisition avant les grandes vacances et être fin prêts pour la rentrée scolaire en septembre. En raison du coronavirus, les agences bancaires font en effet face à une baisse d’effectif de leur personnel (arrêt-maladie, absences pour garder leurs enfants, télé-travail...). «Nous conseillons à ceux qui signent des compromis de vente d’allonger le délai des conditions suspensives sur l’obtention du prêt à 60 jours», recommande Sandrine Allonier, de Vousfinancer, courtier en crédit immobilier.

Pour mettre toutes leurs chances de leur côté, les banques recommandent aux emprunteurs de «constituer des dossiers complets dès leur transmission» et ainsi d’«éviter la multiplication des échanges». L’une d’entre elles suggère même de joindre des photos des logements «afin de nous permettre d’évaluer la qualité de ceux-ci». Autrement dit, pour s’assurer que le bien n’est pas surévalué. Un «élément clé» qui peut permettre à un emprunteur avec un apport limité de se donner une chance de voir son dossier accepté. Preuve que certaines banques peuvent se montrer souples avec ce critère. À condition que le taux d’endettement, lui, ne dépasse pas le maximum exigé (33% des revenus nets mensuels).

Et pour ceux qui redoutent que les banques ferment le crédit immobilier, Banque centrale européenne a annoncé cette semaine une série de mesures destinées à encourager les prêts aux entreprises et aux ménages. «Je vais proposer au Haut conseil de stabilité financière le relâchement du «coussin» contracyclique (les réserves minimales des banques pour faire face à une crise, NDLR) pour favoriser le crédit aux entreprises et aux ménages, a déclaré de son côté François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, ce vendredi sur Radio Classique. C’est le moment de le faire».

source : immobilier.lefigaro.fr